Sortir un ou plusieurs bâtiments d'une copropriété, constituer des syndicats séparés ou diviser un ensemble complexe en volumes : l'opération est encadrée par l'article 28 de la loi du 10 juillet 1965 et se joue en assemblée générale. Nous la préparons et la conduisons jusqu'à la publication des actes, pour les copropriétaires qui veulent sortir comme pour les syndicats qui reçoivent la demande.
Mise à jour : 18 octobre 2026
Propriétaire d'un bâtiment entier, copropriétaires d'un bâtiment qui veulent leur propre syndicat, investisseur ou promoteur qui prépare une cession ou une transformation.
Préparer une demande de retraitSyndic, président ou membre du conseil syndical : instruire la demande, poser les bonnes questions et soumettre des résolutions qui tiennent.
Instruire la demandeLa scission de copropriété est l'opération par laquelle un ou plusieurs bâtiments sortent d'une copropriété, pour former une propriété séparée ou un nouveau syndicat de copropriétaires, sur décision de l'assemblée générale prise en application de l'article 28 de la loi du 10 juillet 1965.
L'article 28 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 organise trois opérations voisines, qu'il faut distinguer dès le départ car elles n'ont ni les mêmes acteurs ni le même résultat.
| Opération | Qui en prend l'initiative | Résultat |
|---|---|---|
| Retrait d'un bâtiment art. 28, I, a) |
Le propriétaire d'un ou plusieurs lots correspondant à un ou plusieurs bâtiments. | Le ou les bâtiments sortent du syndicat initial et forment une propriété séparée, hors copropriété. |
| Scission en syndicats séparés art. 28, I, b) |
Les copropriétaires dont les lots correspondent à un ou plusieurs bâtiments, réunis en assemblée spéciale. | Le ou les bâtiments forment un ou plusieurs syndicats séparés, avec leur propre règlement. |
| Division en volumes art. 28, IV |
Même procédure, pour un ensemble immobilier complexe. | L'ensemble est découpé en volumes, chaque entité ayant une gestion autonome. |
Les deux techniques mènent au même résultat, des propriétés distinctes, mais elles ne découpent pas la même chose. La division foncière partage le terrain : chaque bâtiment repart avec son sol. La division en volumes découpe l'espace en trois dimensions : chaque volume est défini en plan et en altitude, ce qui permet de séparer des ouvrages superposés ou imbriqués.
| Division foncière | Division en volumes | |
|---|---|---|
| Ce que l'on divise | Le terrain, en surface | L'espace, en trois dimensions, avec des cotes d'altitude (NGF) |
| Configuration type | Bâtiments séparés par une cour, un jardin ou une voie | Bâtiments sur une dalle commune, parkings sous plusieurs immeubles, socle commercial sous des logements |
| Condition légale | Plusieurs bâtiments et division de la propriété du sol possible | Ensemble immobilier complexe : bâtiments distincts sur dalle ou entités homogènes affectées à des usages différents, chacune permettant une gestion autonome ; jamais un bâtiment unique |
| Document clé | Plan de division du géomètre-expert et mise à jour du cadastre | État descriptif de division en volumes, avec plans et cotes |
| Ce qui reste commun | Servitudes (passage, réseaux) ; union de syndicats à la majorité de l'article 24 | Servitudes entre volumes et cahier des charges ; union de syndicats à la majorité de l'article 25 |
Ce choix est l'un des premiers points que nous tranchons avec le géomètre-expert, car il commande le reste du montage : documents, servitudes, structure de gestion et conditions financières.
Le texte ne s'applique que « lorsque l'immeuble comporte plusieurs bâtiments ». C'est la première vérification : une copropriété composée d'un seul bâtiment ne peut pas être scindée sur ce fondement. La demande doit en outre porter sur des lots qui correspondent à un ou plusieurs bâtiments entiers.
Il faut ensuite que la division de la propriété du sol soit possible, c'est-à-dire que l'on puisse tracer une limite entre les futures propriétés et attribuer à chacune son terrain d'assiette. Cette condition est appréciée concrètement : imbrication des constructions, accès, réseaux enterrés, cour ou voie commune. Faute de démonstration que la division du sol est possible, la condition légale n'est pas remplie et l'assemblée peut refuser le retrait. Le géomètre-expert est l'intervenant clé à ce stade.
Lorsque la division du sol n'est pas praticable, par exemple pour des bâtiments sur dalle, l'article 28, IV permet d'employer la même procédure pour diviser en volumes un ensemble immobilier complexe comportant soit plusieurs bâtiments distincts sur dalle, soit plusieurs entités homogènes affectées à des usages différents, à condition que chacune permette une gestion autonome. La loi exclut expressément la division en volumes d'un bâtiment unique. Depuis le 1er juin 2020, cette division n'est plus subordonnée à l'avis du maire ni à l'autorisation du préfet, que mentionnent encore beaucoup de sources anciennes.
| Décision | Organe | Majorité |
|---|---|---|
| Demande de retrait (cas b) | Assemblée spéciale des copropriétaires du ou des bâtiments | Majorité des voix de tous les copropriétaires composant cette assemblée |
| Décision sur la demande | Assemblée générale du syndicat initial | Majorité des voix de tous les copropriétaires |
| Conditions matérielles, juridiques et financières | Assemblée générale du syndicat initial | Même majorité |
| Adaptation du règlement et de l'état de répartition des charges | Assemblée générale du ou des nouveaux syndicats | Majorité de l'article 24, sauf en ce qui concerne la destination de l'immeuble |
| Constitution d'une union de syndicats (scission) | Assemblée générale du syndicat initial | Majorité de l'article 24 |
| Constitution d'une union de syndicats (division en volumes) | Assemblée générale du syndicat initial | Majorité de l'article 25 ; les statuts de l'union peuvent interdire le retrait de ses membres |
La majorité des voix de tous les copropriétaires se calcule sur l'ensemble des voix du syndicat, présents ou non. Dans une grande copropriété peu mobilisée, l'obtenir est souvent la principale difficulté : la participation à l'assemblée se prépare autant que les résolutions.
Deux règles pèsent sur le calcul. La passerelle de l'article 25-1, qui permet un second vote à la majorité de l'article 24 lorsque le projet a recueilli au moins le tiers des voix, est d'application discutée en matière de scission : y recourir expose la résolution à un risque d'annulation. Et lorsqu'un copropriétaire détient plus de la moitié des voix, son nombre de voix est réduit à la somme des voix des autres copropriétaires (art. 22) : c'est souvent le cas du propriétaire d'un bâtiment important qui demande son retrait.
Beaucoup d'ensembles immobiliers sont organisés en un syndicat principal et des syndicats secondaires, chacun doté de la personnalité civile (art. 27). L'article 28 confie la décision de retrait au syndicat initial et ne dit rien du rôle des syndicats secondaires. La jurisprudence en a pourtant fait une condition de validité.
La cour d'appel de Paris a annulé la résolution d'un syndicat principal votant le retrait d'un bâtiment, faute d'intervention du syndicat secondaire regroupant les bâtiments restants. Elle a souligné le caractère exceptionnel de l'opération et ses conséquences sur la répartition des charges, et a relevé que l'inactivité prolongée du syndicat secondaire n'avait entraîné ni sa disparition ni la renonciation de ses membres (CA Paris, 23e ch. B, 13 mars 2008, n° 07/09797).
Ni la loi ni l'arrêt ne disent ce que recouvre cette « intervention ». Pour sécuriser l'opération, nous retenons la démarche suivante :
Cette intervention ne donne pas au syndicat secondaire le pouvoir de dicter les conditions de la sortie. La cour d'appel de Caen a annulé pour abus de majorité la décision d'un syndicat principal dont la majorité, formée par les membres d'un syndicat secondaire, imposait au seul copropriétaire sortant des conditions déséquilibrées, notamment un alourdissement de ses charges à leur profit (CA Caen, 9 sept. 2025).
Une question reste ouverte : aucun de ces arrêts ne dit si le refus pur et simple d'un syndicat secondaire fait obstacle à la scission. Le meilleur moyen de ne pas avoir à la trancher est de chiffrer en amont l'impact du retrait sur les charges de chaque syndicat secondaire et, si l'un d'eux y perd, de prévoir une compensation. Enfin, le délai de deux mois de l'article 42 court contre les copropriétaires opposants ou défaillants : il ne met pas nécessairement la décision à l'abri d'une action engagée par un syndicat secondaire en son nom propre.
L'ordre ci-dessous est celui que nous suivons. Les étapes de vote sont signalées en rouge ; tout ce qui les précède sert à les sécuriser.
Titres, règlement de copropriété et état descriptif de division avec tous leurs modificatifs, tantièmes réellement en vigueur et publiés, plans, situation des lots (crédit-bail, démembrement, hypothèques), organisation en syndicats secondaires ou en union, état des comptes et des procédures en cours.
Avocat, avec le notaireRéseaux (eau, électricité, chauffage, assainissement), accès, sécurité incendie, équipements partagés. Un simple constat d'autonomie convainc rarement une assemblée : ce qui emporte l'adhésion, c'est un programme chiffré de travaux de déconnexion et de reconnexion, qui dit qui paie quoi. Ce qui ne peut pas être séparé est réglé par des servitudes ou une union de syndicats.
Bureau d'études ou maître d'œuvreSéquence des décisions et chemin critique, calendrier des assemblées, charges de chacun après scission, sort de la trésorerie et des dettes, frais de l'opération et leur répartition, contreparties éventuelles. Lorsque plusieurs copropriétaires sortent ensemble, un protocole signé entre eux avant toute assemblée fixe les engagements de chacun.
Avocat, avec le clientPlan de division, à plat ou en volumes lorsque des sous-sols ou des ouvrages sont imbriqués, état descriptif de division complet (et non une simple table de concordance), projets de règlement, état de répartition des charges, inventaire des servitudes à constituer.
Géomètre-expert et notairePrésentation au conseil syndical, puis réunion d'information des copropriétaires. Une scission votée par surprise est une scission contestée : les objections se traitent avant l'assemblée.
Avocat, syndic, conseil syndicalLettre au syndic demandant l'inscription de la question et la convocation d'une assemblée à une date déterminée, avec le dossier complet en annexe, pièces numérotées : plan de division, projets d'actes et de résolutions, note technique, conditions financières. Proposer de prendre en charge les frais de cette assemblée facilite la convocation.
Demandeur et avocatDans le cas d'une scission en syndicats séparés, les copropriétaires des bâtiments concernés votent la demande de retrait.
Copropriétaires du ou des bâtimentsLorsque l'ensemble en comporte, chaque syndicat secondaire concerné délibère sur l'opération avant l'assemblée du syndicat principal.
Copropriétaires de chaque syndicat secondaireVote sur la demande, puis sur les conditions matérielles, juridiques et financières de la division, dans des résolutions déclarées indivisibles : aucune ne peut être définitivement adoptée sans les autres, ce qui évite une scission votée dans son principe mais inexécutable. Les projets d'actes sont joints à la convocation.
Tous les copropriétairesLa division emportant la dissolution du syndicat initial, l'assemblée du ou des nouveaux syndicats se tient en général le même jour, à la suite de la première : adaptation du règlement et de l'état de répartition des charges, désignation d'un syndic. La division prend effet lorsque toutes les décisions sont prises.
Copropriétaires de chaque nouveau syndicatActe constatant la division et la dissolution du syndicat initial (et, le cas échéant, la dissolution et la liquidation des syndicats secondaires concernés), publication au service de la publicité foncière, déclaration de la dissolution du syndicat initial et immatriculation des nouveaux syndicats au registre national des copropriétés, transfert des contrats et des comptes.
Notaire, syndic, avocatIl faut compter plusieurs mois entre l'audit et la publication des actes, et garder de la marge : le calendrier dépend du géomètre-expert, du programme technique et de la date des assemblées, et il glisse presque toujours.
La demande de retrait est souvent la première étape d'un projet plus large : cession d'un immeuble de bureaux, transformation en résidence, restructuration d'un ensemble mixte. Les points qui font échouer une scission sont presque toujours les mêmes.
Le syndic qui reçoit une demande de retrait n'a pas à la juger : il doit permettre à l'assemblée de se prononcer en connaissance de cause, sur des résolutions complètes. Quelques réflexes :
La division ne prend effet que lorsque sont prises toutes les décisions prévues par l'article 28, et elle emporte la dissolution du syndicat initial. Jusqu'à l'établissement d'un nouveau règlement, celui du syndicat initial reste applicable.
La loi fixe aussi le sort des comptes. Les créances du syndicat initial sur les copropriétaires, anciens et actuels, ainsi que ses hypothèques, sont transférées de plein droit au syndicat issu de la division auquel le lot est rattaché. Les dettes du syndicat initial sont réparties entre les syndicats issus de la division à hauteur du montant des créances du syndicat initial sur les copropriétaires qui leur sont transférées. Pour un syndic, cela suppose un arrêté de comptes précis à la date d'effet.
Lorsque l'immeuble comporte plusieurs bâtiments ou plusieurs entités homogènes susceptibles d'une gestion autonome, les copropriétaires concernés peuvent, réunis en assemblée spéciale et statuant à la majorité des voix de tous les copropriétaires ainsi réunis, constituer un syndicat secondaire chargé de la gestion, de l'entretien et de l'amélioration interne de ce ou ces bâtiments ou entités (art. 27). Le bâtiment reste dans la copropriété, mais gagne une gestion propre. C'est souvent la bonne réponse quand le sol ne peut pas être divisé.
Pour gérer des équipements ou services communs entre plusieurs syndicats, une union de syndicats peut être constituée (art. 29). L'adhésion est décidée par l'assemblée de chaque syndicat à la majorité de l'article 25.
Lorsque la gestion et le fonctionnement normal de la copropriété ne peuvent pas être rétablis autrement, le juge peut, sur demande de l'administrateur provisoire, prononcer la division du syndicat ou ordonner la constitution de syndicats secondaires (art. 29-8). Une division en volumes suppose alors un rapport d'expert établissant que l'ensemble peut être scindé en volumes sans parties communes indivises et fonctionnant de façon autonome, ainsi que la consultation du maire et du président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d'habitat.
Monceau Litis est un cabinet d'avocats dédié au droit de l'immeuble, situé à Paris (17e). Sur les ensembles immobiliers complexes, y compris ceux qui comportent des syndicats secondaires et une union de syndicats, nous intervenons pour les copropriétaires, les investisseurs et les promoteurs, et nous conseillons les syndics qui instruisent une demande :
Avocat en droit immobilier depuis 1999, fondateur de Monceau Litis.
Avocat depuis 2013, il intervient sur la gestion et la restructuration d'ensembles immobiliers complexes.
La scission de copropriété est l'opération par laquelle un ou plusieurs bâtiments sortent d'une copropriété, pour former une propriété séparée ou un nouveau syndicat de copropriétaires, sur décision de l'assemblée générale prise en application de l'article 28 de la loi du 10 juillet 1965. Elle suppose un immeuble comportant plusieurs bâtiments et une division possible de la propriété du sol.
Non. L'article 28 ne vise que des bâtiments entiers : un lot situé dans un immeuble commun ne peut pas être retiré de la copropriété, et la division en volumes d'un bâtiment unique est exclue. Une maison ou un bâtiment entier peut en revanche faire l'objet d'une demande de retrait, que l'assemblée générale accepte ou refuse, si l'immeuble comporte plusieurs bâtiments et si la division du sol est possible.
En principe non : la décision appartient à l'assemblée générale. Un refus peut être contesté s'il procède d'un abus de majorité, mais son annulation ne vaut pas autorisation de retrait. Seul le régime des copropriétés en difficulté permet au juge de prononcer la division, sur demande de l'administrateur provisoire.
L'assemblée générale du syndicat initial statue à la majorité des voix de tous les copropriétaires, sur la demande comme sur les conditions de la division. Dans une scission en syndicats séparés, l'assemblée spéciale du ou des bâtiments vote d'abord à la majorité des voix de tous ses membres. Les nouveaux syndicats adaptent ensuite leur règlement à la majorité de l'article 24.
Lorsque l'ensemble comporte des syndicats secondaires, la jurisprudence exige leur intervention, à peine d'annulation de la décision du syndicat principal (CA Paris, 13 mars 2008). La loi n'en précise pas la forme : la démarche la plus sûre est de faire délibérer chaque syndicat secondaire concerné avant l'assemblée du syndicat principal, sans lui laisser fixer seul les conditions du retrait.
Lorsque les ouvrages sont superposés ou imbriqués (parkings sous plusieurs immeubles, bâtiments sur dalle, commerces sous des logements) et qu'aucune limite au sol ne peut séparer les propriétés. Si les bâtiments sont séparés par une cour, un jardin ou une voie, la division foncière est plus simple. La division en volumes suppose un ensemble immobilier complexe dont chaque entité peut être gérée de façon autonome, et elle est exclue pour un bâtiment unique.
Non. L'article 28 l'exclut expressément. La division en volumes est réservée aux ensembles immobiliers complexes comportant plusieurs bâtiments distincts sur dalle ou plusieurs entités homogènes affectées à des usages différents, chacune devant permettre une gestion autonome.
Les créances du syndicat initial sur les copropriétaires, et ses hypothèques, sont transférées de plein droit au syndicat issu de la division auquel le lot est rattaché. Les dettes du syndicat initial sont réparties entre ces syndicats à hauteur des créances sur les copropriétaires qui leur sont transférées.
Plusieurs mois en général, entre l'audit et la publication des actes. Les délais dépendent du travail du géomètre-expert, de la date des assemblées et du délai de contestation de deux mois qui suit la notification des procès-verbaux.
Par des servitudes entre les fonds ou par une union de syndicats, selon la nature de l'équipement. L'union est constituée par l'assemblée générale du syndicat initial, à la majorité de l'article 24, ou de l'article 25 en cas de division en volumes. Ce choix fait partie des conditions juridiques de la division et doit être tranché avant le vote.
Transmettez-nous le règlement de copropriété, l'état descriptif de division et ses modificatifs, un plan de l'ensemble et quelques mots sur votre projet. Nous revenons vers vous avec une première analyse de faisabilité.
Ou par téléphone : 01 56 79 00 00