Avant une démolition, une excavation ou une surélévation, le maître d'ouvrage fait désigner par le juge un expert qui constate l'état des immeubles voisins avant les travaux, puis suit le chantier. Nous assistons les copropriétés et propriétaires voisins assignés, et les maîtres d'ouvrage qui engagent la procédure.
Mise à jour : 18 octobre 2026
Syndic, conseil syndical, propriétaire voisin : l'avocat est en principe obligatoire à l'audience. C'est avant celle-ci que se décide l'utilité de l'expertise pour votre immeuble.
Ce qu'il faut fairePromoteur, maître d'ouvrage, constructeur : engager la procédure au bon moment, avec les bonnes parties et une mission adaptée au projet.
Préparer le référéLe référé préventif est la procédure par laquelle le maître d'ouvrage d'un chantier demande au juge des référés de désigner un expert judiciaire, chargé de constater de manière contradictoire l'état des constructions voisines avant les travaux et d'en suivre l'évolution pendant le chantier.
La démolition d'un immeuble mitoyen, l'excavation de parkings, une reprise en sous-œuvre ou une surélévation peuvent fissurer les constructions voisines. Le jour où un désordre apparaît, tout dépend d'une question : existait-il avant le chantier ?
Si l'immeuble voisin est en bon état, les désordres apparus après les visites pourront plus facilement être rattachés au chantier, l'expert devant encore se prononcer sur leur cause. À l'inverse, pour un immeuble déjà dégradé, elle permet au maître d'ouvrage de ne pas se voir imputer des désordres préexistants. C'est pourquoi elle est devenue une pratique courante avant les opérations d'une certaine envergure.
| Constat de commissaire de justice | Référé préventif | |
|---|---|---|
| Qui intervient | Un commissaire de justice mandaté par le maître d'ouvrage. | Un expert judiciaire désigné par le juge, après une audience à laquelle toutes les parties sont appelées. |
| Nature | Des constatations purement matérielles, sans avis sur leurs conséquences. | Un constat contradictoire par un technicien, qui peut donner son avis sur les causes et les mesures à prendre. |
| Accès aux logements | Dépend du bon vouloir des occupants. | Les parties doivent apporter leur concours à la mesure, et le juge peut tirer les conséquences d'un refus (art. 11 CPC). Les occupants qui ne sont pas parties ne sont pas tenus par ce texte, mais un refus de visite est consigné par l'expert. |
| Pendant le chantier | Pas de suivi, sauf nouveau constat. | L'expert peut être ressaisi en cas de désordre. |
| Portée | Des constatations qui font foi jusqu'à preuve contraire, mais établies à la demande d'une seule partie. | Des opérations opposables aux parties appelées, y compris aux entreprises et à leurs assureurs s'ils sont dans la cause. |
| Coût | Plus faible. | Plus élevé : provision fixée par le juge et avancée par le demandeur. |
Le référé préventif repose sur l'article 145 du code de procédure civile : s'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, le juge peut ordonner les mesures d'instruction légalement admissibles. Le motif légitime tient ici au risque que les travaux font courir aux constructions voisines.
La demande est portée par assignation devant le juge des référés du tribunal judiciaire du lieu où est situé l'immeuble, seul compétent pour les instances introduites depuis le 1er septembre 2025 (article 145, alinéa 3, issu du décret n° 2025-619 du 8 juillet 2025). Pour un chantier de travaux publics, la mesure se demande au juge des référés du tribunal administratif (article R. 532-1-1 du code de justice administrative).
Devant le tribunal judiciaire, la représentation par avocat est en principe obligatoire, y compris en référé (articles 760 et 761 du code de procédure civile). Le juge fixe la provision à valoir sur la rémunération de l'expert et désigne la partie qui doit la consigner, en pratique le maître d'ouvrage (article 269). À défaut de consignation dans le délai, la désignation de l'expert est caduque, sauf prorogation du délai ou relevé de la caducité accordé par le juge pour un motif légitime (article 271).
Pour le syndicat des copropriétaires assigné, le syndic n'a pas besoin d'une autorisation de l'assemblée générale : elle n'est requise ni pour défendre aux actions intentées contre le syndicat, ni pour les demandes qui relèvent des pouvoirs du juge des référés (article 55 du décret n° 67-223 du 17 mars 1967).
Les deux moments décisifs pour les voisins sont signalés en rouge : l'audience, où se fixe la mission, et les visites avant travaux, qui figent l'état de l'immeuble.
Le maître d'ouvrage assigne les propriétaires et les syndicats voisins, en produisant le projet : permis de construire, plans, notice, méthodes d'exécution et, de préférence, entreprises désignées.
Maître d'ouvrage et son avocatChaque voisin vérifie que la mission proposée couvre son immeuble et ses risques, et prépare ses demandes : compléments de mission, parties à appeler, choix de l'expert.
Avocat de la copropriété, avec le syndicLe plus souvent, les voisins ne s'opposent pas à la mesure : ils formulent des protestations et réserves et demandent à compléter la mission. Les avocats s'accordent souvent sur le nom de l'expert. Le juge désigne l'expert et fixe sa mission et la provision.
Juge des référés et avocats des partiesLe maître d'ouvrage consigne la provision au greffe dans le délai fixé par l'ordonnance.
Maître d'ouvrageL'expert réunit les parties. Le maître d'ouvrage présente le projet, le phasage et les méthodes, et l'expert arrête le calendrier des visites.
Expert, parties et avocatsL'expert visite les parties communes et les logements, prend photographies et relevés, et peut faire poser des témoins sur les fissures. Les dates sont en général fixées d'un commun accord, avec un délai de prévenance d'au moins quinze jours. Le syndic reçoit les convocations et prévient les copropriétaires.
Expert, syndic, copropriétairesEn cas de fissure, de bruit ou de vibration anormale, l'expert peut être ressaisi : nouvelle visite, demande de documents, avis sur les mesures à prendre.
Voisins, par l'intermédiaire de leur avocatÀ l'achèvement du gros œuvre, une dernière visite permet de comparer l'état des immeubles avec le constat initial. L'expert dépose ensuite son rapport, qui sert de base à un règlement amiable ou à une action en indemnisation.
ExpertL'assignation arrive chez le syndic, parfois peu de temps avant l'audience. Elle ne réclame au syndicat ni argent ni pièces : elle demande la désignation d'un expert. Mais c'est à ce stade que se joue l'utilité de l'expertise pour la copropriété.
Pour un promoteur ou un maître d'ouvrage, le référé préventif est un outil de maîtrise du risque : il fige l'état des avoisinants avant le début des travaux et installe un tiers technique pour toute la durée du chantier.
Une fois les constats faits, l'expert devient le référent technique du chantier pour les voisins. En cas de fissure, de bruit ou de vibration anormale, ils le saisissent par l'intermédiaire de leur avocat. Il peut revenir sur place, demander des documents au maître d'ouvrage et aux entreprises, et donner son avis sur les méthodes et les mesures à prendre. Les parties lui adressent leurs observations par des dires, qu'il doit prendre en considération (article 276 du code de procédure civile).
L'expert ne peut pas ordonner lui-même l'arrêt du chantier. En cas de dommage imminent ou de trouble manifestement illicite, c'est le juge des référés qui peut prescrire les mesures conservatoires nécessaires (article 835 du code de procédure civile).
Le référé préventif établit des faits, il ne condamne personne. L'indemnisation passe par un accord, par une demande de provision en référé lorsque l'obligation n'est pas sérieusement contestable (article 835, alinéa 2, du code de procédure civile), ou par une action au fond. L'article 1253 du code civil, issu de la loi n° 2024-346 du 15 avril 2024, rend notamment le propriétaire, l'occupant et le maître d'ouvrage qui sont à l'origine d'un trouble excédant les inconvénients normaux de voisinage responsables de plein droit du dommage qui en résulte. Le constat avant travaux sert alors à établir ce qui a changé.
Attention aux délais : la procédure engagée par le maître d'ouvrage ne protège pas forcément ceux des voisins. La Cour de cassation juge que la suspension de la prescription attachée à une mesure d'instruction ordonnée avant tout procès (article 2239 du code civil) ne profite qu'à la partie qui a demandé cette mesure (Cass. 2e civ., 31 janv. 2019, n° 18-10.011, publié au Bulletin ; solution reprise par Cass. 3e civ., 19 mars 2020, n° 19-13.459, publié). Les voisins doivent donc surveiller leurs propres délais d'action, et formuler leurs propres demandes lorsque c'est utile.
Monceau Litis est un cabinet d'avocats en droit immobilier situé à Paris (17e). En référé préventif, nous intervenons des deux côtés : pour les maîtres d'ouvrage qui engagent la procédure, et pour les copropriétés et les propriétaires voisins assignés, jamais dans la même opération. Cette double pratique nous permet d'anticiper les points que soulèvera l'autre partie. Nous plaidons devant les tribunaux de Paris et de la petite couronne, et ailleurs avec un confrère postulant lorsque la procédure l'exige.
Pour une copropriété assignée, notre intervention se déroule en quatre temps :
Selon les besoins : conclusions en extension ou en modification de la mission, mise en cause d'un tiers, rédaction de dires à l'expert, négociation de conventions de tour d'échelle, suivi du dossier jusqu'au rapport. Les premières phases peuvent faire l'objet de forfaits, précisés dans notre proposition.
Avocat en droit immobilier depuis 1999, fondateur de Monceau Litis. Il conduit les référés préventifs pour des maîtres d'ouvrage comme pour des copropriétés voisines.
C'est la procédure par laquelle le maître d'ouvrage d'un chantier demande au juge des référés de désigner un expert judiciaire, chargé de constater de manière contradictoire l'état des constructions voisines avant les travaux et d'en suivre l'évolution pendant le chantier. Elle repose sur l'article 145 du code de procédure civile et relève du tribunal judiciaire du lieu de l'immeuble.
Oui, en principe : devant le tribunal judiciaire, la représentation par avocat est obligatoire, y compris en référé, sauf exceptions limitées (articles 760 et 761 du code de procédure civile). Le syndic peut constituer avocat sans autorisation préalable de l'assemblée générale.
Le juge désigne la partie qui consigne la provision : en pratique, le maître d'ouvrage qui demande la mesure. Si la copropriété obtient une extension de mission dans son intérêt, une provision complémentaire peut être mise à sa charge. Ses frais d'avocat restent en principe à sa charge, sauf si le juge lui alloue une somme au titre de l'article 700 du code de procédure civile.
La copropriété a en général intérêt à ce que la mesure soit ordonnée : elle établit l'état de l'immeuble avant travaux, aux frais avancés par le maître d'ouvrage. L'enjeu de l'audience est plutôt d'obtenir une mission complète, les bonnes parties dans la cause et un expert disponible.
Non. Le référé préventif porte sur la preuve de l'état des immeubles, pas sur la légalité du permis de construire, qui relève du juge administratif et de délais propres. Avoir signé un recours gracieux contre le permis n'oblige pas non plus à engager ensuite un recours contentieux. Nous ne traitons pas le contentieux de l'urbanisme, mais pouvons vous orienter vers un confrère.
Le nouveau syndic doit la transmettre sans attendre à l'avocat : seul le syndic en fonctions peut représenter le syndicat dans la procédure. Selon la Cour de cassation, l'erreur sur la personne désignée comme représentant d'une personne morale assignée est un vice de forme, qui n'entraîne la nullité que si celui qui l'invoque prouve un grief (article 114 du code de procédure civile ; Cass. 2e civ., 14 nov. 2019, n° 18-20.303). Lorsque le syndicat peut se faire représenter à l'audience, au besoin en demandant un renvoi, il a en général davantage intérêt à y participer qu'à contester l'acte.
Il faut au moins permettre l'accès : un logement non visité est un logement dont l'état avant travaux ne sera pas établi. Le syndic prévient les copropriétaires, en général au moins quinze jours à l'avance. La présence de l'avocat ou d'un membre du conseil syndical lors de la visite des parties communes aide à veiller à l'exactitude des constats.
Les photographier en datant les clichés, prévenir le syndic et l'avocat, qui demande à l'expert de revenir. En cas de danger ou de dommage imminent, le juge des référés peut être saisi pour ordonner les mesures conservatoires nécessaires.
Non. Il établit des faits, il ne condamne personne. L'indemnisation passe par un accord, par une demande de provision en référé lorsque l'obligation n'est pas sérieusement contestable, ou par une action au fond, notamment sur le fondement des troubles anormaux de voisinage (article 1253 du code civil), dans des délais que la procédure du maître d'ouvrage ne suspend pas au profit des voisins qui n'ont rien demandé.
C'est préférable : les entreprises et leurs assureurs doivent participer aux opérations pour que les constats leur soient pleinement opposables. À défaut, il faudra les mettre en cause ensuite par une ordonnance commune.
Elle accompagne le chantier : des visites avant travaux jusqu'à la visite finale à l'achèvement du gros œuvre, puis le dépôt du rapport. Sa durée suit donc celle des démolitions, des terrassements et du gros œuvre.
Transmettez-nous l'assignation, les pièces et la date d'audience. Nous revenons vers vous avec un premier avis sur la mission demandée et une proposition d'intervention. Vous préparez un chantier : décrivez-nous le projet et son calendrier.
Ou par téléphone : 01 56 79 00 00