Monceau Litis

Calcul du délai de déclaration de créances

Votre débiteur, un copropriétaire, une société ou un client, est en sauvegarde, en redressement ou en liquidation judiciaire ? Vous avez en principe deux mois à compter de la publication du jugement au BODACC pour déclarer votre créance au mandataire judiciaire ou au liquidateur. Calculez la date limite, et celle du relevé de forclusion si elle est dépassée.

Une créance non déclarée à temps est écartée

Le créancier qui ne déclare pas dans le délai n'est pas admis dans les répartitions, sauf à obtenir du juge-commissaire un relevé de forclusion, dans les six mois de la publication du jugement et à des conditions strictes (article L. 622-26 du code de commerce). Une relance au débiteur ne suffit pas : la déclaration s'adresse au mandataire judiciaire ou au liquidateur.

À partir de quel événement le délai court-il pour vous ?

Date de l'annonce du jugement d'ouverture au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (bodacc.fr), pas celle du jugement.

Le créancier demeure

Pour une procédure ouverte par un tribunal de métropole, le délai est augmenté de deux mois pour les créanciers qui ne demeurent pas en France métropolitaine (article R. 622-24 du code de commerce). Pour un syndicat de copropriétaires, c'est l'adresse de l'immeuble qui compte.

Comment le délai se calcule

À partir de la publication du jugement, tous les créanciers dont la créance est née antérieurement au jugement d'ouverture adressent la déclaration de leurs créances au mandataire judiciaire (article L. 622-24 du code de commerce), dans un délai de deux mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au BODACC (article R. 622-24). Les mêmes règles s'appliquent en redressement et en liquidation judiciaire ; en liquidation, la déclaration s'adresse au liquidateur.

  • Le point de départ : la publication, pas le jugementLe délai court de la publication de l'annonce au BODACC, qui intervient en général quelques jours ou semaines après le jugement. La calculette retrouve cette date à partir du numéro SIREN ou RCS du débiteur, en interrogeant les annonces publiques du BODACC ; vérifiez-la sur l'annonce elle-même.
  • Hypothèque ou sûreté inscrite : l'avertissement personnelLes créanciers titulaires d'une sûreté publiée, comme l'hypothèque légale inscrite par un syndicat de copropriétaires, sont avertis personnellement par lettre recommandée. Le délai court alors à leur égard de la notification de cet avertissement (articles L. 622-24 et R. 622-21).
  • Sommes devenues exigibles après le jugementLes créances nées régulièrement après le jugement, qui ne bénéficient pas du paiement à l'échéance, sont soumises à la déclaration ; le délai court alors de leur date d'exigibilité (article L. 622-24, sixième alinéa).
  • L'échéance : le même quantième, deux mois plus tardPublication le 16 août : déclaration au plus tard le 16 octobre. Délai augmenté de deux mois pour les créanciers qui ne demeurent pas en France métropolitaine, lorsque le tribunal siège en métropole (article R. 622-24).
  • Samedi, dimanche ou jour fériéLe code de procédure civile s'applique aux procédures collectives (article R. 662-1 du code de commerce), et avec lui la prorogation au premier jour ouvrable de l'article 642. La chambre commerciale ne l'a toutefois pas confirmé pour ce délai : la calculette retient la date d'échéance, sans report. Une déclaration peut d'ailleurs être faite en ligne n'importe quel jour.
  • La liste du débiteur ne suffit pasLorsque le débiteur a porté la créance à la connaissance du mandataire, il est présumé avoir agi pour le compte du créancier (article L. 622-24, troisième alinéa). Mieux vaut ne pas compter sur cette présomption et déclarer soi-même, pour le bon montant.

Délai dépassé : le relevé de forclusion

À défaut de déclaration dans le délai, le créancier n'est pas admis dans les répartitions et les dividendes, à moins que le juge-commissaire ne le relève de sa forclusion. Il doit établir que sa défaillance n'est pas due à son fait, ou qu'elle est due à une omission du débiteur dans la liste des créanciers qu'il remet au mandataire (article L. 622-26 du code de commerce).

SituationDélai pour demander le relevé de forclusion
Cas généralSix mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au BODACC.
Hypothèque ou sûreté inscriteSix mois à compter de la réception de l'avertissement du mandataire.
Créancier qui ne pouvait pas connaître sa créanceLe délai court de la date à laquelle il est établi qu'il ne pouvait plus ignorer l'existence de sa créance.
Après le relevéLe créancier relevé déclare dans un délai réduit de moitié, qui court de la notification de la décision (article L. 622-24).

Après la déclaration : trente jours pour répondre au mandataire

Si le mandataire judiciaire conteste tout ou partie de la créance, il en avise le créancier par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. Le créancier dispose de trente jours à compter de la réception de cette lettre pour répondre ; à défaut, il ne peut plus contester la proposition du mandataire, sauf si la discussion porte sur la régularité de la déclaration (articles L. 622-27 et R. 624-1 du code de commerce).

Pour une créance de charges de copropriété, voir les articles de notre rubrique Recouvrement.

Questions fréquentes

Quel est le délai pour déclarer une créance ?

Deux mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au BODACC, en sauvegarde, en redressement comme en liquidation judiciaire (article R. 622-24 du code de commerce). Le délai est augmenté de deux mois pour les créanciers qui ne demeurent pas en France métropolitaine, lorsque le tribunal siège en métropole.

Le délai court-il de la date du jugement ?

Non. Il court de la publication du jugement au BODACC. Pour les créanciers titulaires d'une sûreté publiée, comme une hypothèque inscrite, il court de la notification de l'avertissement personnel que leur adresse le mandataire judiciaire.

À qui adresser la déclaration ?

Au mandataire judiciaire désigné par le jugement, ou au liquidateur en cas de liquidation judiciaire. Le nom figure dans l'annonce du BODACC. La déclaration peut être faite par le créancier lui-même, par un préposé ou par un mandataire de son choix, et elle peut être transmise par voie électronique sur le portail des mandataires judiciaires.

Que contient la déclaration de créance ?

Le montant de la créance due au jour du jugement d'ouverture, les sommes à échoir et leurs dates d'échéance, la nature de la sûreté éventuelle, les modalités de calcul des intérêts, et les éléments prouvant l'existence et le montant de la créance, joints sous bordereau (articles L. 622-25 et R. 622-23 du code de commerce). Sauf titre exécutoire, la créance est certifiée sincère par le créancier.

J'ai laissé passer le délai : que faire ?

Demander au juge-commissaire un relevé de forclusion, dans les six mois de la publication du jugement, en établissant que le retard n'est pas dû à votre fait ou que le débiteur vous a omis de la liste de ses créanciers (article L. 622-26 du code de commerce). Le créancier relevé ne concourt qu'aux répartitions postérieures à sa demande.

La déclaration interrompt-elle la prescription ?

Oui. La déclaration de créance interrompt la prescription jusqu'à la clôture de la procédure ; elle dispense de toute mise en demeure et vaut acte de poursuites (article L. 622-25-1 du code de commerce).

Une créance à déclarer ?

Transmettez-nous l'annonce du BODACC ou l'avertissement du mandataire, et le décompte de la créance. Nous vérifions le délai, puis nous préparons et adressons la déclaration.

Ou par téléphone : 01 56 79 00 00