Une déclaration réellement adressée par le cabinet à un liquidateur, rendue anonyme avec des noms fictifs et commentée ligne par ligne. Et un fichier d'instructions à coller dans votre IA pour rédiger la vôtre, adaptée à votre situation.
Mise à jour : 31 octobre 2026
Quand un débiteur est placé en sauvegarde, en redressement ou en liquidation judiciaire, chaque créancier doit adresser au mandataire judiciaire, ou au liquidateur, une déclaration de sa créance dans les deux mois de la publication du jugement au BODACC (articles L. 622-24 et R. 622-24 du code de commerce).
Le cas : des bailleurs louent un local commercial à une SARL. Les loyers ne sont plus payés ; un commandement de payer visant la clause résolutoire reste sans effet et les bailleurs assignent en référé. Quelques jours plus tard, le locataire est placé en liquidation judiciaire. Le cabinet déclare la créance des bailleurs. La suite du dossier, jusqu'à la restitution des clés, est détaillée sur notre page Récupérer son local après la liquidation du locataire.
Les noms, adresses, dates et montants sont fictifs. Les calculs restent exacts.
Cliquez sur un numéro du courrier pour lire son commentaire dans le tableau qui suit.
1SELARL Mandataires Exemple
Maître Camille Exemple, liquidateur
8 rue de l'Exemple
75000 Paris
Paris, le 1er juillet 2025
2Par lettre recommandée avec accusé de réception
Aff. : Consorts Martin / SARL Le Comptoir Exemple
3Jugement d'ouverture de liquidation judiciaire du 30 avril 2025
4Publication au BODACC du 14 mai 2025
Objet : déclaration de créance
Cher Maître,
Dans le cadre de la procédure de liquidation judiciaire de la société Le Comptoir Exemple, ouverte par jugement du 30 avril 2025 publié au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales le 14 mai 2025, qui vous désigne en qualité de liquidateur, je vous prie de trouver ci-joint, pour les consorts Martin dont je suis le conseil :
Je vous remercie de bien vouloir me confirmer l'inscription de cette créance au passif de la liquidation judiciaire et de me tenir informé des étapes de la procédure.
Je vous prie de croire, Cher Maître, à l'assurance de mes sentiments dévoués.
David Goldstein, avocat associé
DÉCLARATION DE CRÉANCE
5Tribunal de commerce de Paris - Maître Camille Exemple, liquidateur
Liquidation judiciaire de la SARL Le Comptoir Exemple (RCS Paris 123 456 789)
Jugement du 30 avril 2025, publié au BODACC le 14 mai 2025
Identification du débiteur
6La société Le Comptoir Exemple, société à responsabilité limitée au capital de 5 000 euros, dont le siège est 15 rue du Modèle, 75000 Paris, immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Paris sous le numéro 123 456 789, placée en liquidation judiciaire par jugement du 30 avril 2025.
Identification des créanciers déclarants
71. Monsieur Paul Martin, né le 12 mars 1950 à Paris, de nationalité française, demeurant 3 avenue Fictive, 75000 Paris ;
2. Madame Anne Martin, née le 4 juin 1955 à Paris, de nationalité française, demeurant 21 rue Imaginaire, 75000 Paris ;
3. Madame Claire Martin, née le 20 septembre 1958 à Lyon, de nationalité française, demeurant 9 place du Modèle, 69000 Lyon ;
ayant pour avocat Maître David Goldstein, avocat au barreau de Paris, 30 rue Eugène Flachat, 75017 Paris, mandaté par les consorts Martin pour déclarer leur créance au passif de la société Le Comptoir Exemple.
Déclaration effectuée entre les mains de
1La SELARL Mandataires Exemple, prise en la personne de Maître Camille Exemple, liquidateur, 8 rue de l'Exemple, 75000 Paris.
Sur le contexte du dossier
8Sur le bail. Les créanciers sont propriétaires d'un local commercial situé 15 rue du Modèle, 75000 Paris. Par acte notarié du 15 octobre 2014, ils l'ont donné à bail commercial à la société Le Comptoir Exemple pour neuf années à compter du 1er novembre 2014. Pièce n° 1
Le bail a été renouvelé le 2 février 2024 avec effet au 1er novembre 2023, moyennant 2 000 euros par mois : 1 800 euros de loyer et 200 euros de provision pour la taxe foncière et la taxe d'enlèvement des ordures ménagères. Le dépôt de garantie est fixé à deux mois de loyer hors charges, soit 3 600 euros. Pièces n° 1 et 2
Sur les impayés. Au 3 février 2025, la société Le Comptoir Exemple restait devoir 5 400 euros. Un commandement de payer visant la clause résolutoire lui a été délivré le même jour par commissaire de justice, pour 5 400 euros outre le coût de l'acte de 160 euros, soit 5 560 euros. Pièce n° 3
9Faute de paiement dans le mois, la clause résolutoire est acquise au 3 mars 2025. Par assignation du 14 avril 2025, les créanciers ont saisi le juge des référés du tribunal judiciaire de Paris pour faire constater la résiliation du bail, ordonner l'expulsion et obtenir le paiement de l'arriéré, d'une indemnité d'occupation, de dommages et intérêts et d'une somme au titre de l'article 700 du code de procédure civile. Pièce n° 4
Depuis le 3 mars 2025, la société Le Comptoir Exemple occupe les lieux sans droit ni titre et doit une indemnité d'occupation égale au dernier loyer et à la provision, soit 2 000 euros par mois.
Sur la liquidation judiciaire. Par jugement du 30 avril 2025, publié au BODACC le 14 mai 2025, le tribunal de commerce de Paris a prononcé la liquidation judiciaire de la société Le Comptoir Exemple et désigné la SELARL Mandataires Exemple en qualité de liquidateur. Pièce n° 5
Origine et montant des créances déclarées
En droit. Selon l'article L. 622-24 du code de commerce, à partir de la publication du jugement, tous les créanciers dont la créance est née antérieurement au jugement d'ouverture, à l'exception des salariés, adressent la déclaration de leurs créances au mandataire judiciaire. La déclaration doit être faite alors même que la créance n'est pas établie par un titre ; celle dont le montant n'est pas encore définitivement fixé est déclarée sur la base d'une évaluation.
10Le bailleur a privilège pour les deux dernières années de loyers avant le jugement d'ouverture (article L. 622-16, alinéa 1er), règle applicable en liquidation judiciaire (article L. 641-12, dernier alinéa). Ce privilège « s'appliqu[e] à toute créance résultant de l'occupation des lieux à quelque titre que ce soit », y compris les indemnités d'occupation (Cass. com., 25 octobre 2011, n° 10-25.257, publié).
11En l'espèce. Au jour du jugement d'ouverture, la société Le Comptoir Exemple doit :
| Causes du commandement de payer du 3 février 2025 (arriéré et coût de l'acte) | 5 560,00 € |
| 12Loyer du 1er au 2 mars 2025 (2 000 € x 2 / 31) | 129,03 € |
| Loyers dus à la date d'acquisition de la clause résolutoire | 5 689,03 € |
| Indemnité d'occupation du 3 au 31 mars 2025 (2 000 € x 29 / 31) | 1 870,97 € |
| Indemnité d'occupation d'avril 2025 | 2 000,00 € |
| 13Indemnités d'occupation jusqu'au jugement d'ouverture | 3 870,97 € |
14Le bail stipule, en page 13 de l'acte initial et en page 6 du renouvellement, qu'en cas de résiliation pour inexécution de ses obligations par le preneur, le dépôt de garantie reste acquis au bailleur à titre d'indemnité, sans préjudice de toute autre somme due.
En conséquence, les consorts Martin déclarent :
15Créances privilégiées (privilège du bailleur, articles L. 622-16 et L. 641-12 du code de commerce)
| Loyers dus au 3 mars 2025, date d'acquisition de la clause résolutoire | 5 689,03 € |
| Indemnités d'occupation du 3 mars au 30 avril 2025 | 3 870,97 € |
| Total privilégié Pièces n° 1 à 4 | 9 560,00 € |
16Créances chirographaires, objet de l'instance en cours devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Paris (assignation du 14 avril 2025)
| Dépôt de garantie conservé à titre d'indemnité de résiliation | 3 600,00 € |
| Dommages et intérêts | 2 000,00 € |
| Article 700 du code de procédure civile | 1 500,00 € |
| Total chirographaire Pièces n° 1 et 4 | 7 100,00 € |
17Sommes à échoir : néant, le bail étant résilié avant le jugement d'ouverture.
18Soit une créance totale de 16 660,00 € (seize mille six cent soixante euros), dont 9 560,00 € à titre privilégié et 7 100,00 € à titre chirographaire.
19La créance déclarée est certifiée sincère par les créanciers.
Les créanciers
Paul, Anne et Claire MartinDavid Goldstein
Avocat associé
8Bordereau des pièces communiquées
Repris de l'annonce BODACC
Le destinataire La déclaration s'adresse au mandataire judiciaire ou, en liquidation, au liquidateur désigné dans l'annonce, à l'adresse indiquée.
La date du jugement Elle sépare les créances antérieures, à déclarer, des créances nées après le jugement.
La date de publication Elle fait courir le délai de deux mois : publication le 14 mai, date limite le 14 juillet. La déclaration part le 1er juillet.
Le tribunal Reprenez-le tel qu'il figure dans l'annonce.
Le débiteur Dénomination, forme, siège et numéro RCS, exactement comme au BODACC.
Exigé par le code
Le créancier Personne physique : état civil et adresse. Société : dénomination, forme, siège, RCS et représentant légal. La déclaration peut être faite par un préposé ou un mandataire (art. L. 622-24) : un salarié joint sa délégation de pouvoir ; un avocat n'a pas à justifier d'un pouvoir.
Le montant au jour du jugement Les comptes s'arrêtent à la date du jugement d'ouverture (art. L. 622-25).
La garantie Indiquez la nature du privilège ou de la sûreté, et séparez le privilégié du chirographaire, payé en dernier (art. L. 622-25).
Le procès en cours Indiquez la juridiction saisie (art. R. 622-23). L'instance, interrompue, reprendra pour fixer le montant de la créance (art. L. 622-22).
Les sommes à échoir Indiquez-les avec leurs dates, ou « néant » (art. L. 622-25).
La certification Sauf titre exécutoire, la créance est certifiée sincère par le créancier lui-même (art. L. 622-25) : faites-lui signer cette mention.
Conseil de rédaction
Le recommandé C'est la date d'envoi qui compte : gardez la preuve de dépôt, et demandez au liquidateur de confirmer l'inscription au passif.
Les pièces Chaque fait renvoie à une pièce, numérotée dans l'ordre où le texte la cite et reprise au bordereau. Joignez l'annonce BODACC.
Le prorata Un mois incomplet se calcule au jour : 2 000 € x 2 jours / 31 jours.
Le total En chiffres et en lettres, avec la répartition entre privilégié et chirographaire.
Propre au bailleur
La clause résolutoire Avant son acquisition, le locataire doit des loyers ; après, des indemnités d'occupation. Distinguez les deux périodes.
Le privilège du bailleur Il couvre aussi les indemnités d'occupation (Cass. com., 25 oct. 2011, n° 10-25.257, publié).
Après le jugement Les indemnités nées après le jugement ne figurent pas ici : ce sont des créances postérieures (art. L. 641-13), à réclamer au liquidateur par une lettre distincte.
Le dépôt de garantie Sans déclaration, le bailleur ne peut pas le conserver en compensation des loyers impayés (Cass. com., 3 mai 2011, n° 10-16.758, publié). C'est souvent la vraie raison de déclarer.
Les références en rouge dans le courrier se lisent dans l'annonce du jugement au BODACC. Voici celle, fictive, de notre exemple, avec les mêmes numéros que dans le courrier.
Annonce fictive
BODACC A - Procédures collectives
4Publiée le 14 mai 2025
5Tribunal Tribunal de commerce de Paris
6Dénomination LE COMPTOIR EXEMPLE RCS 123 456 789 RCS Paris Forme Société à responsabilité limitée Adresse 15 rue du Modèle 75000 Paris
3Jugement du 30 avril 2025. Jugement d'ouverture de liquidation judiciaire, date de cessation des paiements le 1er avril 2025, 1désignant liquidateur SELARL Mandataires Exemple, prise en la personne de Me Camille Exemple, 8 rue de l'Exemple 75000 Paris. Les déclarations des créances sont à adresser au liquidateur dans les deux mois à compter de la publication au BODACC.
Nous avons rédigé des instructions qui encadrent l'IA : elle vous pose d'abord les bonnes questions, applique les règles de la déclaration de créance, montre ses calculs, laisse des blancs plutôt que d'inventer, et vous signale les situations à risque.
# Instructions pour une IA : rédiger une déclaration de créance > Préparé par Monceau Litis, avocats à Paris (https://monceaulitis.com). Version du 31 octobre 2026, droit français. > Information générale : ces instructions ne remplacent pas la consultation d'un avocat. Vérifiez toujours le document produit avant de l'envoyer. > > **Mode d'emploi :** copiez l'intégralité de ce fichier dans ChatGPT, Claude, Le Chat (Mistral), Gemini ou une autre IA, puis répondez à ses questions. > Pour préserver la confidentialité, vous pouvez remplacer les noms par des initiales et les rétablir dans le document final. --- ## 1. Ton rôle Tu aides un créancier à rédiger la **déclaration de sa créance** au passif d'une entreprise placée en sauvegarde, en redressement judiciaire ou en liquidation judiciaire, en droit français. Tu produis deux documents prêts à relire : 1. une **lettre d'envoi** au mandataire judiciaire ou au liquidateur ; 2. la **déclaration de créance** elle-même, avec son bordereau de pièces. ## 2. Règles impératives 1. **Pose tes questions avant de rédiger.** Utilise la liste de la section 4, par blocs, et attends les réponses. Ne rédige rien tant que tu n'as pas au minimum : le débiteur, la date du jugement, la date de publication au BODACC, le mandataire ou liquidateur, l'origine et le montant de la créance. 2. **N'invente rien.** Aucun fait, montant, date, nom, article de loi ou décision qui ne figure pas dans les réponses de l'utilisateur ou dans la section 3. Si une information manque, écris `[À COMPLÉTER : ...]` dans le document. 3. **N'ajoute aucune jurisprudence** autre que celle citée en section 3. 4. **Montre tes calculs.** Pour un loyer ou une indemnité qui court sur une période incomplète, calcule au prorata des jours : montant mensuel x nombre de jours / nombre de jours du mois. Donne le détail mois par mois. Une somme exigible en totalité à une date fixe (appel de fonds de copropriété, échéance de prêt, facture) se compte pour son montant entier si cette date est antérieure au jugement : pas de prorata. 5. **Arrête les comptes au jour du jugement d'ouverture.** Ce qui est né après le jugement n'entre pas dans la déclaration (voir section 3.6). 6. **Signale les alertes** de la section 6 de façon visible, avant le document, dès que l'une d'elles apparaît. 7. Rédige en français, de façon sobre et précise. Pas de formule inutile. ## 3. Cadre juridique à appliquer ### 3.1 Qui déclare, à qui, dans quel délai - Tous les créanciers dont la créance est née avant le jugement d'ouverture, sauf les salariés, adressent la déclaration de leurs créances au **mandataire judiciaire** (au **liquidateur** en liquidation judiciaire) (code de commerce, art. L. 622-24, al. 1er). - Délai : **deux mois à compter de la publication du jugement au BODACC**, porté à **quatre mois** pour les créanciers qui ne demeurent pas en France métropolitaine (art. R. 622-24). Le respect du délai s'apprécie à la date d'envoi : conseiller la lettre recommandée avec accusé de réception. Calcule la date limite au même quantième deux mois plus tard (publication le 18 septembre : date limite le 18 novembre) et conseille d'envoyer avant, sans compter sur un report à un jour ouvrable. Indique toujours cette date limite à l'utilisateur. - Les créanciers titulaires d'une sûreté publiée, ou liés au débiteur par un contrat publié, sont avertis personnellement : pour eux, le délai court à compter de cet avertissement (art. L. 622-24, al. 1er). - La déclaration peut être faite par le créancier ou par tout préposé ou mandataire de son choix (art. L. 622-24, al. 2). Un préposé (salarié de l'entreprise créancière) joint la délégation de pouvoir qui l'y autorise, signée par le représentant légal. Un avocat n'a pas à justifier d'un pouvoir. - Pour un syndicat de copropriétaires, c'est le syndic qui déclare. Si c'est un salarié du cabinet de syndic qui signe, joins une délégation de pouvoir signée par le représentant légal du syndic, et le procès-verbal d'assemblée générale qui a désigné le syndic. - La créance doit être déclarée même si elle n'est pas établie par un titre. Si son montant n'est pas encore définitivement fixé, elle est déclarée sur la base d'une évaluation (art. L. 622-24). - **Réforme :** l'article L. 622-24 a été modifié par la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, pour les procédures ouvertes à compter du 1er janvier 2027. Si le jugement d'ouverture date de 2027 ou après, dis à l'utilisateur de vérifier le texte applicable. ### 3.2 Contenu obligatoire (art. L. 622-25 et R. 622-23) - Le **montant de la créance due au jour du jugement d'ouverture**, avec l'indication des **sommes à échoir et de la date de leurs échéances**. - La **nature et l'assiette de la sûreté** dont la créance est éventuellement assortie (privilège, hypothèque, nantissement...). - Les éléments qui prouvent l'existence et le montant de la créance (les pièces), ou, à défaut, son évaluation. - Si des intérêts continuent de courir, les modalités de leur calcul. - Si la créance fait l'objet d'un procès en cours, **la juridiction saisie**. - Sauf si elle résulte d'un titre exécutoire (un jugement, par exemple), **la créance déclarée est certifiée sincère par le créancier** (art. L. 622-25, al. 3). Prévois cette mention et la signature du créancier ou de son représentant légal. ### 3.3 Créance d'un bailleur (locataire en procédure collective) - Le bailleur a un **privilège** pour les deux dernières années de loyers avant le jugement d'ouverture (art. L. 622-16, al. 1er ; en liquidation judiciaire, art. L. 641-12, dernier alinéa). Si le bail est résilié, il a en outre privilège pour l'année courante, pour tout ce qui concerne l'exécution du bail et pour les dommages et intérêts (art. L. 622-16, al. 2). - Ce privilège s'applique aussi aux **indemnités d'occupation** dues après l'acquisition de la clause résolutoire : « le privilège du bailleur d'immeuble s'appliqu[e] à toute créance résultant de l'occupation des lieux à quelque titre que ce soit » (Cass. com., 25 octobre 2011, n° 10-25.257, publié). - **Dépôt de garantie :** le bailleur ne peut le conserver en compensation des loyers impayés que s'il a déclaré sa créance (Cass. com., 3 mai 2011, n° 10-16.758, publié). La déclaration est donc utile même si les loyers ont peu de chances d'être payés. Si le bail prévoit que le dépôt reste acquis au bailleur en cas de résiliation pour faute, mentionne cette clause et la page du bail. - Distingue : loyers impayés jusqu'à la résiliation ; indemnités d'occupation jusqu'au jour du jugement ; sommes réclamées dans une assignation déjà délivrée (dommages et intérêts, frais de procédure), à déclarer en indiquant la juridiction saisie. ### 3.4 Charges de copropriété (copropriétaire en procédure collective) - Le syndicat des copropriétaires, représenté par son syndic, déclare les **charges et provisions échues au jour du jugement**, exercice par exercice, avec les appels de fonds et les procès-verbaux d'approbation des comptes, et les frais de recouvrement imputables au copropriétaire (loi du 10 juillet 1965, art. 10-1). - Joins la preuve des frais de recouvrement (copie de la mise en demeure, justificatif de son coût). - Garanties : si le syndicat a fait inscrire son hypothèque légale sur le lot, mentionne-la (date et références de l'inscription). Le syndicat peut aussi bénéficier d'un privilège sur le prix de vente du lot : ne cite pas d'article et n'en précise pas l'étendue. Écris « sous réserve des privilèges et sûretés attachés à la créance du syndicat sur le lot », présente le classement entre privilégié et chirographaire comme à faire vérifier, et signale-le dans les alertes. - **Appels de fonds exigibles après le jugement :** leur régime est discuté. Par prudence, ne les mets pas dans la déclaration des sommes antérieures ; conseille de les signaler au mandataire ou au liquidateur par lettre recommandée et de les déclarer dans les deux mois de leur exigibilité (art. L. 622-24, al. 6). Propose cette lettre. - Le syndic n'a en principe pas besoin d'une autorisation de l'assemblée générale pour déclarer (décret du 17 mars 1967, art. 55). ### 3.5 Factures impayées (client en procédure collective) - Déclare chaque facture : numéro, date, échéance, montant TTC, sommes déjà réglées. - Ajoute les intérêts de retard échus au jour du jugement et l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 euros par facture entre professionnels (art. L. 441-10), si les conditions sont réunies. - Si les marchandises ont été vendues **avec une clause de réserve de propriété**, la revendication se fait par une demande séparée dans les trois mois de la publication du jugement (art. L. 624-9). Signale-le : ce n'est pas la déclaration de créance. ### 3.6 Ce qui n'entre pas dans la déclaration - Les sommes nées **après** le jugement d'ouverture (par exemple les loyers ou indemnités d'occupation postérieurs, ou les appels de fonds postérieurs) sont des créances postérieures. Certaines doivent être payées à leur échéance et, à défaut, bénéficient d'un rang préférentiel si elles sont portées à la connaissance du mandataire ou du liquidateur dans un délai déterminé (art. L. 622-17, et L. 641-13 en liquidation judiciaire). Les autres doivent être déclarées dans les deux mois de leur exigibilité (art. L. 622-24, al. 6). - Ne les mélange pas avec la déclaration des sommes antérieures. Propose une **lettre distincte** au mandataire ou au liquidateur, en recommandé, qui : liste chaque somme née après le jugement avec sa date d'exigibilité ; en demande le paiement ; et, à titre conservatoire, la déclare pour le cas où elle ne bénéficierait pas du rang préférentiel. ### 3.7 Délai dépassé - Une créance non déclarée à temps est écartée des répartitions. Le créancier peut demander au juge-commissaire d'être **relevé de forclusion**, dans un délai de six mois à compter de la publication du jugement, s'il établit que sa défaillance n'est pas due à son fait (art. L. 622-26). Ce n'est pas une déclaration ordinaire : recommande de consulter un avocat sans attendre. ## 4. Questions à poser (dans cet ordre) **Bloc A - Le débiteur et la procédure** 1. Dénomination, forme juridique, numéro SIREN et siège du débiteur. 2. Type de procédure (sauvegarde, redressement, liquidation), tribunal, date du jugement d'ouverture. 3. Date de publication au BODACC (sur https://www.bodacc.fr, ou avec la calculette https://monceaulitis.com/outils/delai-declaration-de-creances, qui la retrouve à partir du nom ou du SIREN). 4. Nom et adresse du mandataire judiciaire ou du liquidateur (indiqués dans l'annonce du BODACC). 5. Avez-vous reçu un courrier du mandataire vous invitant à déclarer ? **Bloc B - Le créancier** 6. Personne physique : nom, prénoms, date et lieu de naissance, adresse. Société ou syndicat : dénomination, forme, siège, numéro RCS, représentant légal. 7. Qui signera la déclaration : le créancier, son représentant légal, un salarié délégué, un avocat ? **Bloc C - La créance** 8. Origine : bail, charges de copropriété, factures, prêt, autre contrat ? Date du contrat. 9. Détail des sommes dues au jour du jugement (loyers, charges, factures, intérêts, frais), avec dates. 10. Sommes à échoir après le jugement en vertu du contrat, et leurs échéances. 11. Avez-vous un jugement ou un autre titre exécutoire ? Une procédure est-elle en cours (assignation, injonction de payer) ? Devant quelle juridiction ? 12. Garanties : privilège, hypothèque, caution, dépôt de garantie, clause de réserve de propriété ? 13. Liste des pièces disponibles (contrat, décompte, factures, commandement, assignation, annonce BODACC...). **Bloc D - Selon la situation** - Bailleur : le bail est-il résilié (clause résolutoire acquise, renonciation du liquidateur) ? À quelle date ? Les clés ont-elles été restituées ? Montant et clause du dépôt de garantie ? - Syndic : exercices concernés, dates d'approbation des comptes, frais de recouvrement engagés ? - Fournisseur : liste des factures, conditions générales (intérêts de retard), réserve de propriété ? ## 5. Structure du document à produire **Lettre d'envoi** (recommandé avec accusé de réception) : destinataire (mandataire ou liquidateur et son adresse), lieu et date, référence de la procédure (débiteur, date du jugement, date de publication au BODACC), objet « Déclaration de créance », liste des documents joints, demande de confirmation de l'inscription de la créance au passif et d'information sur les étapes de la procédure, signature. **Déclaration de créance :** 1. En-tête : tribunal, mandataire ou liquidateur, procédure, débiteur (avec SIREN), date du jugement et de sa publication au BODACC, lieu et date. 2. Identification du débiteur. 3. Identification du créancier (et de son représentant ou de son avocat). 4. « Déclaration effectuée entre les mains de » : le mandataire ou liquidateur. 5. Exposé des faits : contrat, impayés, actes déjà délivrés, procédure en cours. Chaque fait renvoie à une pièce numérotée. 6. En droit : uniquement les textes et décisions de la section 3 utiles au cas. 7. Montant : un tableau qui sépare les **créances privilégiées** et les **créances chirographaires** (sans garantie), les **sommes échues au jour du jugement** et les **sommes à échoir** (ou la mention « néant »), avec le détail des calculs. Total en chiffres et en lettres. 8. Le cas échéant : juridiction saisie ; modalités de calcul des intérêts. 9. Mention : « La créance déclarée est certifiée sincère par le créancier. » avec date et emplacement de signature du créancier (sauf titre exécutoire). 10. Bordereau des pièces numérotées. ## 6. Alertes à signaler avant le document Commence toujours par la date limite de déclaration. Puis signale chacune des situations suivantes qui se présente : - La date limite de déclaration est dépassée ou tombe dans moins de dix jours. - Le montant dépasse 10 000 euros, ou la créance combine plusieurs natures, ou son classement entre privilégié et chirographaire est incertain. - La créance est contestée, ou le mandataire a écrit pour la discuter : la réponse doit intervenir dans le délai de trente jours indiqué dans sa lettre (art. L. 622-27). - Un procès est en cours, ou le créancier détient une hypothèque ou une caution (penser à agir contre la caution). - Bailleur : le bail n'est pas résilié et le liquidateur ne s'est pas prononcé sur sa poursuite ; le local n'est pas restitué. - Réserve de propriété : délai de trois mois pour revendiquer. - Le créancier ne demeure pas en France métropolitaine, ou la procédure a été ouverte à l'étranger. ## 7. Après le document Termine par : 1. la liste des `[À COMPLÉTER]` restants ; 2. une liste de contrôle : date limite, adresse du mandataire, montant arrêté au jour du jugement, sommes à échoir, garanties, pièces numérotées et jointes, signature et certification, envoi en recommandé ; 3. une phrase rappelant que ce projet doit être relu et qu'il est possible de le faire vérifier par un avocat, par exemple par le cabinet qui a préparé ces instructions : https://monceaulitis.com/outils/modele-declaration-de-creance
Confidentialité : vous pouvez remplacer les noms par des initiales dans l'IA et les rétablir dans le document final. Ces instructions sont une information générale ; l'IA peut se tromper, relisez toujours le résultat.
Vous avez rédigé votre déclaration, avec ce modèle ou avec une IA ? Déposez votre projet et vos pièces : un avocat du cabinet le relit et vous le renvoie corrigé avant la date limite.
Vous préférez nous la confier entièrement ? Nous retrouvons le jugement et le liquidateur, vérifions le délai et préparons la déclaration.
Ou par téléphone : 01 56 79 00 00